Un vendredi de janvier, un groupe d’amis arrive à un chalet des Laurentides vers 21 h. Le thermostat indique 8 °C. Dehors, il fait -27 °C. Les plinthes se mettent à chauffer toutes en même temps, et il faudra plusieurs heures avant que la pièce principale devienne confortable.

Ce scénario résume le problème de chauffer un chalet en hiver quand personne n’y vit à temps plein : le bâtiment reste froid la semaine, puis doit remonter en température d’un coup, souvent pendant les nuits les plus froides. Avant de songer à la relance, il faut aussi avoir pensé à la hivernisation du chalet et à la période choisie pour réserver, deux étapes qui conditionnent la facilité du chauffage hivernal.

Le problème a trois volets. Le premier concerne le maintien hors gel. Le deuxième concerne la relance avant l’arrivée des occupants. Le troisième touche aux appareils, qui n’ont pas tous la même puissance par grand froid.

Chauffer un chalet en hiver selon deux régimes

Un chalet occupé de façon intermittente vit deux régimes. Pendant l’absence, le chauffage sert uniquement à protéger la plomberie et le bâtiment. Pendant le séjour, il doit offrir le confort d’une maison.

Pour la période d’absence, les assureurs recommandent généralement de ne pas fermer complètement le chauffage principal et de baisser le thermostat tout en gardant une température minimale pour protéger la plomberie du gel — le seuil exact à respecter varie d’une police à l’autre et doit être confirmé avec son propre assureur avant de partir.

Pour le séjour, CAA-Québec situe la température intérieure confortable entre 20 et 22 °C. L’écart à combler va donc de 10 à 17 °C, dans un bâtiment dont les murs, les planchers et les meubles ont eu le temps de refroidir.

Le climat rend cet écart difficile à combler. À Sherbrooke, en Estrie, les normales climatiques 1991-2020 d’Environnement Canada donnent une température minimale moyenne de -16,5 °C en janvier. La station compte en moyenne 30 nuits par année sous -20 °C et 4 nuits sous -30 °C. Le record de la série est de -41,2 °C, le 15 janvier 2004.

Chalet en bois rond sous la neige dans une forêt de conifères et de bouleaux
USFWS Alaska, domaine public, Wikimedia Commons

Plinthes et thermopompe murale par grand froid

La plupart des chalets québécois sont chauffés aux plinthes électriques. Elles sont simples, peu chères à l’achat et fonctionnent par n’importe quel froid. Une plinthe transforme chaque kilowattheure consommé en un kilowattheure de chaleur.

Hydro-Québec indique qu’une thermopompe peut être jusqu’à trois fois plus efficace que les plinthes pendant la saison froide. Une thermopompe murale déplace la chaleur de l’air extérieur vers l’intérieur au lieu de la produire. Elle climatise aussi l’été, un usage utile pour un chalet loué en juillet. Les installateurs qui posent des thermopompes murales et centrales dans les Laurentides et Lanaudière, comme Confort Prestige, commencent par une évaluation sur place. La puissance se choisit selon les pertes de chaleur du bâtiment et la température extérieure du secteur.

La limite apparaît par grand froid. Selon Hydro-Québec, la majorité des thermopompes à air récentes ont une température minimale de fonctionnement qui varie de -15 °C à -25 °C. Sous ce seuil, un système d’appoint doit fournir tout le chauffage. Les modèles homologués ENERGY STAR « climat froid » donnent encore une bonne quantité de chaleur par -20 °C.

Pour un chalet, la combinaison la plus fréquente associe une thermopompe murale aux plinthes existantes, qui prennent le relais lors des nuits les plus froides.

Plinthes électriquesThermopompe murale
Efficacité en saison froide1 kWh consommé = 1 kWh de chaleurJusqu’à 3 fois plus efficace, selon Hydro-Québec
Fonctionnement par grand froidFonctionne par n’importe quel froidCapacité réduite sous -15 °C à -25 °C selon le modèle
Climatisation l’étéNonOui
Rôle le plus adaptéAppoint pour les nuits les plus froidesChauffage principal et maintien hors gel

Le maintien hors gel convient bien à la thermopompe. Garder une température minimale demande peu de puissance, et elle y suffit seule tant que la température extérieure reste au-dessus de son seuil de fonctionnement.

Les plinthes demandent une attention particulière en période d’absence : un dégagement libre devant chaque appareil et aucun objet entreposé contre elles réduisent le risque d’incendie, une vigilance qui rejoint les réflexes présentés dans notre guide sur le bois de chauffage et les feux de camp au chalet.

La relance avant l’arrivée

La relance est le moment où le problème se manifeste. Un chalet à 8 °C prend du temps à remonter, même avec un appareil bien dimensionné.

Les thermostats et les thermopompes connectés au Wi-Fi permettent de lancer la relance à distance, plusieurs heures avant le départ de la ville. Ils envoient aussi une alerte si la température intérieure descend sous un seuil fixé par le propriétaire.

Pour un chalet locatif, cette fonction simplifie la gestion entre deux réservations. Le propriétaire garde le bâtiment en maintien hors gel et le remonte la veille de l’arrivée des locataires.

Panne de courant et neige

Une panne de plusieurs heures pendant une absence expose le chalet au gel. Sans chauffage, la température intérieure peut descendre jusqu’au gel des conduites, et les dégâts d’eau comptent parmi les sinistres les plus coûteux en assurance habitation.

L’alerte de température d’un thermostat connecté sert ici de premier signal, tant que le réseau internet du chalet fonctionne. Pour une absence de plusieurs semaines, couper l’eau et vidanger la plomberie reste la précaution la plus sûre contre le gel.

L’appareil extérieur d’une thermopompe doit rester hors de la neige. Il se pose sur un support mural ou un socle surélevé, à l’écart de la chute de neige du toit, avec un drainage libre pour l’eau de dégivrage. Un chalet déneigé seulement à l’arrivée des occupants demande une hauteur de pose plus grande qu’une maison déneigée chaque semaine.

LogisVert et le chalet

Le guide de participation du programme LogisVert d’Hydro-Québec nomme la maison « de type chalet » parmi les habitations admissibles à la mesure Thermopompe. L’habitation doit être située au Québec, avoir une vocation résidentielle et être habitable à longueur d’année. Un chalet trois saisons ne remplit pas ce dernier critère.

L’appareil doit être neuf et certifié ENERGY STAR, avec un appareil extérieur d’au moins 12 000 BTU/h en climatisation. L’aide atteint 50 $ par 1 000 BTU/h mesurés à -8 °C, ou 120 $ pour un modèle « climat froid ». L’installation doit être faite par une entreprise titulaire de la licence de la Régie du bâtiment du Québec et membre de la corporation de son secteur.

Pour chauffer un chalet en hiver quand il n’est occupé que les fins de semaine, le choix se fait donc sur trois points : une température de maintien de 5 à 10 °C, une thermopompe murale capable de chauffer par grand froid avec les plinthes en appoint, et une commande à distance pour la relance et les alertes.

FAQ

À quelle température garder un chalet pendant l’absence en hiver ?

Les assureurs recommandent généralement de ne pas fermer complètement le chauffage principal et de garder une température minimale, souvent autour de 10 °C à 15 °C, pendant l’absence, pour protéger la plomberie du gel — le seuil exact varie selon les polices et doit être vérifié avec son assureur. Pour le séjour, CAA-Québec situe le confort intérieur entre 20 et 22 °C.

Thermopompe ou plinthes électriques pour un chalet au Québec ?

Hydro-Québec indique qu’une thermopompe peut être jusqu’à trois fois plus efficace que des plinthes pendant la saison froide. Sa limite tient au grand froid : la plupart des modèles récents ont une température minimale de fonctionnement entre -15 °C et -25 °C, sous laquelle un système d’appoint doit prendre le relais. La combinaison la plus fréquente associe une thermopompe murale à des plinthes existantes pour les nuits les plus froides.

Comment relancer le chauffage d’un chalet avant d’y arriver ?

Un thermostat ou une thermopompe connectés au Wi-Fi permettent de lancer la relance à distance plusieurs heures avant le départ de la ville, et d’envoyer une alerte si la température intérieure descend sous un seuil fixé par le propriétaire. Un chalet à 8 °C prend du temps à remonter, même avec un appareil bien dimensionné.

Qu’est-ce que le programme LogisVert pour une thermopompe de chalet ?

LogisVert, le programme d’Hydro-Québec, admet la maison « de type chalet » à sa mesure Thermopompe si l’habitation est située au Québec, à vocation résidentielle et habitable à longueur d’année (un chalet trois saisons n’est pas admissible). L’appareil doit être neuf, certifié ENERGY STAR, avec une unité extérieure d’au moins 12 000 BTU/h en climatisation. L’aide atteint 50 $ par 1 000 BTU/h mesurés à -8 °C, ou 120 $ pour un modèle « climat froid », installé par une entreprise titulaire de la licence de la Régie du bâtiment du Québec.

Où poser l’unité extérieure d’une thermopompe pour un chalet peu déneigé ?

L’appareil extérieur doit rester hors de la neige, posé sur un support mural ou un socle surélevé, à l’écart de la chute de neige du toit, avec un drainage libre pour l’eau de dégivrage. Un chalet déneigé seulement à l’arrivée des occupants demande une hauteur de pose plus grande qu’une maison déneigée chaque semaine.